Les NFT : késako ?

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Oui, oui, on sait, ces trois lettres vous donnent déjà de l’urticaire alors que vous n’en connaissez pas vraiment la signification. Nous aussi. Les NFT, dans notre tête, c’est un truc de mordus de la tech, de futurs méga digitalisés, et d’autres mots tout aussi obscurs comme : métaverse, cryptomonnaies et creator economy.

Malgré tout, les NFT forment un amas de points d’interrogations qui pourraient s’avérer dangereux ou, au contraire, pleins de promesses pour le monde de la culture par exemple, selon l’usage qui en sera fait, et à quel point nous investissons la question. Alors, quitte à s’y intéresser, autant le faire ensemble.

Dans ce nouvel épisode de notre podcast d’actu Vacarme des Jours, on plonge avec vous dans ce monde encore réservé à ceux qui le comprennent. Attention à vous, on arrive.

Cette colère qui m’échappe

Par Charlotte Giorgi

Demain, samedi 19 novembre 2022, auront lieu dans toute la France des marches contre les violences sexistes et sexuelles. Et moi hier, j’ai pensé à toi sans colère. Ça m’énerve.

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            Hier pour la première fois depuis longtemps, j’ai pensé à toi avec la tête au frais. Les vagues qui se fracassaient en moi il y a quelques mois ne se sont pas levées. J’ai pensé à toi. Les tripes intactes, vidée, presque fatiguée des propres émotions que tu as suscitées pendant si longtemps.

            Quand je l’ai formulé pour la première fois à un ami, ça sonnait tellement faux que j’en ai rigolé, nerveusement. « J’ai pensé à lui et ça ne m’a rien fait de particulier ». Rire. Mon ami a dit que ça sonnait un peu bizarre et je lui ai dit que c’était parce que c’était la première fois que je disais cette phrase-là, cette phrase-là à voix haute. Il m’a dit que c’était bien, alors, avec une interrogation dans le ton.

            Oui, c’est bien. C’est bien, non, que mon ventre ne se torde plus dès qu’il entend ton nom, ou que les journées puissent se dérouler, commencer le matin et finir le soir sans que tu m’aies traversée comme un coup d’épée ?

            Je ne sais plus tout d’un coup. J’ai l’impression que cette incandescence, c’était ma colère. Et je ne supporte pas de n’avoir plus de rage quand je pense à toi, à ce que tu as fait et à ce que tu fais encore, avec d’autres qui un jour, comme moi, auront aussi épuisé leur colère. Qu’est-ce qu’il nous reste, quand la peur et la tristesse et la hargne sont parties et nous ont laissée, lisse et vide ? Comment s’intéresse-t-on encore au combat des autres femmes, comment ressent-on encore les injustices, quand ce qu’il s’est passé est resté derrière nous et que c’est mieux ainsi ?

            Je pourrais me laisser couler dans l’eau du bain, l’eau chaude, brûlante, anesthésiante. Je pourrais fermer les yeux et me laisser aller. Mais il y a quelque chose qui ne va pas, à propos de justice et d’équilibre, de société et de justice.

            Il y a que toi, tu te réveilles, tous les jours, impuni. Que tu vois les couleurs d’automne aussi distinctement que je les vois, que tu dors d’un sommeil profond, peut-être même que tu baves pendant la nuit. Tu baves, dis-moi ?

            Ce déséquilibre des forces me rend folle. Que tu trouves de quoi continuer à tracer ton chemin et que je ne trouve plus de quoi vouloir t’arrêter. Que s’est-il passé pour que je chasse l’envie de vengeance, pour que sois si épuisée par la bagarre que je cherche à tout prix l’apaisement, qu’est-ce qui m’empêche à ce point de t’en vouloir encore ?

            Quelques fois je me dis que je te méprise, que je te prends en pitié. Que c’est pour cela que tu me traverses sans me transpercer, que tout a repris sa place. Tu n’as pas le droit à ma haine. Tu es si petit et médiocre que je ne veux plus t’accorder que des pensées de surface, que tu n’atteignes plus jamais le cœur des choses, et le mien.

            Mais ce serait romantiser un peu les choses. Se voiler la face. Se croire apte au jugement. Je ne suis pas capable de ça. Je suis au bout de la route. Au bord de la route. Je suis en périphérie de mes propres émotions. J’étais en colère, c’était ta faute. Je suis de marbre, c’est encore de ta faute. Je sais que je n’en resterai pas là, que je passerai par d’autres arrêts, d’autres choses. Ce sera toujours de ta faute et jamais une responsabilité que tu respecteras. Au bout du compte, tu ne te souviendras peut-être même plus de ce que tu m’as fait. De comment tu l’as mal fait. Même me faire mal, oui, tu as réussi à être mauvais dans ta destruction méthodique du beau et de l’espoir.

            Demain, comme tous les ans, il y aura une marche dans toute la France contre les violences sexistes et sexuelles. Et cette nuit je dormirai mieux, car demain, je ne serai pas la seule à me souvenir de toi, à chercher cette colère qui m’échappe, à vouloir que l’histoire ne s’arrête pas là, en laissant les femmes sur le côté de leurs sentiments. Je ne serai pas la seule à lutter pour que tu n’oublies pas, parce que nous, jamais nous ne pourrons oublier.  

Les précédents billets qui retracent cette histoire :

49.3 : où est passé l’idéal démocratique ?

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Où est passé l’idéal démocratique ?

Mais surtout, comment peut-il être si facilement englouti par un petit article de notre Constitution auquel nos oreilles se sont tant habituées : le 49.3 ?

C’est la question que se posent Marius et Charlotte dans ce nouvel épisode de notre podcast d’actu, Vacarme des Jours.

Un épisode à retrouver sur toutes les plateformes.

Bloquer pour survivre, la stratégie du mouvement Dernière Rénovation

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Bonjour, c’est Soldat Petit Pois! J’espère que tout le monde va bien, comme tous les lundi on se retrouve pour un nouvel épisode d’Oïkos, le podcast écolo! Et aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir Renan à mon micro.

Renan, il milite pour un mouvement dont le nom ne vous dit peut-être encore pas grand chose mais je suis sûre, en revanche, que vous avez déjà entendu parler de l’une de leurs actions. Leurs  activistes montent sur le Panthéon, s’accrochent aux filets de Roland Garros, bloquent des autoroutes comme l’Assemblée Nationale. Ils multiplient les actions stratégiques depuis quelques mois pour monter en puissance et portent une revendication primordiale contenue dans le nom de leur mouvement : une dernière rénovation.

Renan m’a expliqué ce qui se cache derrière ce nom, pas très sexy au premier abord, mais profondément réfléchi. Il m’a raconté la stratégie d’un mouvement qui croît à une vitesse exponentielle, mais aussi ses propres doutes face à un premier engagement militant qui l’a propulsé de spectateur à acteur du combat écologiste. 

Je ne vous en dis pas plus et vous propose de nous rejoindre pour écouter notre conversation avec Renan de Dernière Rénovation, sur toutes les plateformes d’écoute dès aujourd’hui.

L’influence peut-elle être éthique ?

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On entend sans cesse parler de ces nouveaux métiers sans pouvoir les définir. On s’exaspère du nombre de publicités sans pour autant vouloir débourser un centime pour consommer du contenu. On s’informe davantage sur les réseaux sociaux que devant un poste de télévision.

Le monde de l’influence digitale est encore en construction, et il est déjà largement dénoncée par toute une partie de la population. Mais pourrions-nous imaginer en faire un outil éthique ?

C’est ce dont Marius et Charlotte débattent dans ce nouvel épisode Avocat du Diable sur Vacarme des Jours, notre podcast d’actualité !

L’ÉCOLOGIE COMME MATRICE

Ce billet a été écrit il y a un an. Il n’a pas périmé depuis. À l’heure où l’ONU alerte sur une catastrophe mondiale, laissée faire par des « engagements pitoyables », il est plus valable que jamais. « Je n’arrive pas à dire ce qui ne va pas, ce qui me chagrine, alors qu’on commence à entendre les experts un peu partout, les courbes du climat et de la biodiversité, les schémas froids et les documentaires choc, à l’approche de la COP. J’ai donc essayé de penser à l’écrit à l’écologie, et au décalage affolant entre ce qu’elle pourrait être et ce que l’on arrive à en faire. »

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            À l’approche de la COP27, je m’y attends.

            Les entendre à nouveau. Les chiffres. Les courbes.

            Les activistes qui interrompent le énième sommet pour demander une énième fois : mais avez-vous vu ces chiffres ? Avez-vous vu ces courbes ?

            Les médias qui dépeignent un tableau plein d’antagonismes : la science, et en face, les inconscients, les irresponsables.

            Peut-être une tribune signée par des scientifiques, qui diront que tout s’aggrave. Leurs voix qui éclatent sans résonnance, celles reviendront l’année prochaine dire encore.

            Une boucle sans fin, dans le monde d’une écologie purement rationnelle, une vision du monde dans laquelle règne pourtant la science et dans laquelle pêchent celles et ceux qui ont un rapport sensible aux choses, qui n’entendent pas gagner des batailles avec des arguments techniques, qui pensent que ressentir est l’important.

            Une écologie qui barbe et ennuie la moitié d’une génération qu’on dit « engagée ».

            Une écologie qui permet de réserver les discussions à une élite d’experts, de renvoyer le peuple à son ignorance de toujours. De réunir des COP et des congrès, de se lamenter qu’il ne s’y passe rien. De vulgariser les effondrements, les drames, les chutes. De raconter le futur, les enfants, l’avenir des autres.

            Sans jamais parler de nos vies. Du présent. De nous.

            Nos mots, nos désirs, nos rêves. Comment ils peuvent s’encastrer dans une lutte contre la destruction. Comment nous pouvons faire autrement qu’avec des lois ou des mesures. Comment changer le reste qui paraît si loin de ça et qui ne l’est pas : apprendre à se parler, à ne plus dépendre, à tisser du commun.

            Mais l’écologie, c’est la science. Il y a quelques temps, alors que je discutais d’écologie, un homme m’a dit : « mais tu te renseignes ? Parce que c’est sérieux ce sujet ! C’est technique. »

            Non monsieur. Je vis. J’espère. J’ai peur. Et comme bien d’autres, je sens bien, que nous pouvons faire mieux.

            L’écologie n’est pas scientifique. Elle n’est que ce qu’on s’approprie d’elle, ce qu’on décide d’en faire. D’abord dans nos têtes, chacune, chacun, puis collectivement. Collectivement, ça ne veut pas dire tous ensemble. Il s’agit de choix. Et il est temps de faire le deuil des choix univoques, des cœurs qui battent à l’unisson dans la même direction. Certain·es choisiront un chemin, d’autres. À quoi bon s’acharner à convaincre à tout prix ceux qui n’ont pas les mêmes moyens de locomotion vers l’idéal, ceux qui ne pourront pas emprunter notre voie, ceux qui la détruiront s’ils la suivent avec nous ?

            Laisser les gens faire le choix. S’émanciper. Permettre aux bons outils de se répandre : l’éducation populaire, la solidarité, l’écoute. L’empathie.

            Car forcer la voie sera contradictoire avec nos désirs et nos espoirs. Embarquer sous pression, entraîner avec la force. Qu’est-ce que l’on gagne, si les corps suivent mais pas les têtes ? Un devoir de surveillance constant ? L’infantilisation ? Le risque de perdre notre fin dans les moyens ?

            Faire les choix, c’est d’abord les montrer au grand jour. Ça veut dire, ne pas retirer la substance politique de ce choix. Trop souvent, les choses sont assénées, même au sein de nos rangs écologistes, comme s’il y avait une vérité et des torts. C’est vrai pour une partie : la science ne ment pas. Mais la science occulte qu’il y a des intérêts divergents. Des bases de raisonnement différentes, des choix de traiter des sujets ou de les laisser s’oublier. Comme le formule si bien le collectif Désobéissance Ecolo Paris « ce qui devrait être un choix de vie collectif devient une empoignade sur des chiffres ». Des chiffres que l’on récite presque dans notre sommeil à trop les entendre martelés.

            La question d’après est fondamentale : qu’en fait-on ? Comment s’en saisit-on, et qu’est-ce qu’ils brandissent au-delà d’eux-mêmes ?

            Présenter un tableau de raison et de torts, c’est dépolitiser le choix. Résumer la chose au bien et au mal, c’est empêcher d’appréhender la complexité de cet enchevêtrement de volontés, de dominations, de possibles. C’est encore dire qu’il est question de prise de conscience et d’ignorance. C’est clore une discussion sur notre prise sur le réel.

            Dire que l’écologie se résume à une réduction d’émission carbone, c’est laisser à un groupe techniciste, pragmatique, fondamentalement opposé à un sensible qui sauve, lui, plus qu’il ne détruit. C’est laisser le monopole des questions à poser, le monopole du déroulement de l’histoire à une seule paire de lunettes.

            Il n’y a que des idéologies. Il n’y a qu’un choix des priorités. Ne pas le reconnaître, c’est occulter des rapports de force et des intérêts divergents. C’est se faire plus bête qu’on ne l’est.

            Il n’y a que des idées, des choix, des courants qui nous entraînent. Des décisions qui impliquent des changements comme dans une chaîne de dominos ou l’arbitrage qui permet de fermer les yeux et s’endormir comme hier. Un enchaînement que l’on accepte pour un sursit d’opulence ou des ailes,qui peuvent nous envoler là où l’on n’a pas encore pensé. Là où tout reste à imaginer.

            Il ne s’agit pas de prise de conscience. Il s’agit de choisir ce qu’on fait de notre propre vérité, et comment se le permettre. Il s’agit du comment mais surtout du pourquoi. Du pour qui ?

            L’écologie comme une matrice. Pas comme un thème. Pas comme une couleur. Pas comme des peurs.

            Comme une manière de se réapproprier nos destins communs.

Violences sexistes, quel est le rôle du « boys club » ?

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Alors que nous célébrons les 5 ans du mouvement #MeToo, il paraît que les femmes s’expriment plus. Pour autant, avons-nous appris à les écouter ?

Affaire Quatennens, affaire Bayou… Dans cet épisode de notre podcast Vacarme des Jours, Charlotte et Marius reviennent sur les récentes affaires de violences envers les femmes dans les organisations politiques, et interrogent pour l’occasion la notion de « boys club », ces hommes qui se protègent entre eux, en étouffant parfois même inconsciemment la libération de la parole.