MÉDIA ENGAGÉ SUR LES ONDES
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Du FOMO et des cuillères

Par Léa

Photo de Dstudio Bcn sur Unsplash

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Ce mois-ci, Charlotte vous a parlé du temps, Laura, de la question de profiter dans un monde qui brûle. 

Et en discutant avec tout ce petit monde, en lisant leurs écrits, je me suis dit que les sujets d’Octobre étaient assez symptomatiques d’un nouveau mot bien à la mode : le FOMO.

La FOMO, c’est « the Fear Of Missing Out », soit la peur de passer à côté.

Mais de passer à côté de quoi ? 

D’un peu tout, en fait.

C’est le sentiment que si vous n’allez pas à cette soirée jeudi prochain -même si vous travaillez le lendemain, que vous êtes épuisé.e et que vous n’avez juste pas envie- vous allez rater quelque chose d’important.

Ce sentiment qui vous prend quand vous osez décliner une quelconque invitation. 

Cette peur qui vous murmure que vous ne serez plus tout à fait intégré, que vous ne partagerez pas tous ces souvenirs qui forgent l’appartenance à un groupe, que vous allez regretter de ne pas y être aller.

C’est cette petite voix qui fait que vous allez, malgré tous vos défis quotidiens, accepter encore et encore d’aller à des événements sociaux.

Et cette peur de passer à côté, je crois qu’elle a été exacerbée par les réseaux sociaux. Parce que tout le monde a une vie incroyable, tout le monde partage des souvenirs exceptionnels, et tout le monde vit pleins de trucs, tout le temps, sans jamais s’arrêter.

Parce qu’un dimanche en pyjama, à dormir la moitié de la journée et regarder une série l’autre moitié, ça n’a pas de valeur ajoutée. Ça ne crée pas de souvenirs impérissables, ça ne rend pas bien sur le CV de nos expériences de vie.

Dernièrement, j’ai beaucoup cédé au FOMO. J’ai beaucoup dit oui, par peur de rater un potentiel moment « incroyable » de ma vie. Par peur de me sentir frustrée après coup, en voyant les photos Instagram sur mon feed.

Mais j’ai tendance à oublier plusieurs points essentiels dans ces cas-là.

Par exemple, le fait qu’on n’ait pas la même énergie chaque jour. Ou le fait qu’on ne part pas tous du même endroit dans la vie. Qu’on n’a pas tous la même énergie, les mêmes capacités et le même réservoir pour sociabiliser notamment.

Je vais m’expliquer en vous parlant de la théorie des cuillères, de Christine Miserandino.

Partons du principe que nous avons tous un nombre précis de cuillères par jour. Elles nous sont distribuées tous les matins, au moment où on ouvre les yeux. Et ces cuillères représentent notre énergie à dépenser sur 24h.

Admettons que nous partions tous avec le même nombre de cuillères : 10.

Pour me lever le matin, j’aurais besoin de dépenser une cuillère. Pour aller travailler, six cuillères.

Je vais boire un verre avec des amis, je prends deux cuillères. Il m’en restera juste une pour ma routine du soir avant d’aller dormir. 

Parfait. 

Mais si, pour ce verre avec des amis, j’ai besoin de quatre cuillères ? Et si, aller au travail me faisait consommer huit cuillères d’un coup ?

Et oui, parce que nous n’avons pas tous besoin d’investir le même nombre de cuillères dans la même tâche. 

Évidemment, nous ne partons pas tous non plus avec le même nombre de cuillères. Selon ce que nous traversons, comment nous nous sentons à cette période de notre vie, il nous est attribué un nombre plus ou moins grand d’ustensiles. 

Personnellement, le FOMO m’a fait cramer toutes mes cuillères beaucoup trop vite, beaucoup trop de fois d’affilée. Bien sûr, sociabiliser est quelque chose d’agréable pour moi, mais qui me demande bien plus de cuillères que la majorité de mes amis par exemple. Ce verre entre copains, me demande énormément d’énergie, l’équivalent de trois cuillères. Et pour celui du lendemain, quatre, car il y a plus de monde. 

Et ensuite, j’ai besoin de passer plusieurs heures voire jours, seule, enfermée chez moi sans voir personne, pour reconstruire un stock d’argenterie minimum qui me ferait avancer au quotidien. 

Enfin bon, tout ça pour dire quoi Léa ?

Tout ça pour dire de bien prendre soin de vos cuillères. Que le FOMO, c’est un peu ce pote qui ne sait jamais s’arrêter, celui qui est toujours motivé pour tout, mais qui dans les mauvais moments, n’est jamais vraiment là.

Que chaque soirée n’est pas l’événement de l’année, que de refuser une invitation pour économiser son énergie et s’écouter, c’est beaucoup plus sain que de tout cramer pour rien. 

Et surtout, c’est encore plus stylé que d’aller à des soirées où on n’a pas envie d’être.

Prenez soin de vous, faites vous passer avant tout. La majorité du temps, ce n’est pas une question d’égoïsme mais d’apprentissage. Apprenez à vous connaître, distinguez vos limites et vos besoins pour, ensuite, utiliser vos cuillères pour les moments qui vous tiennent vraiment à cœur. Pour les moments importants, ceux qui resteront pour toujours gravés dans votre mémoire, plutôt que dans votre téléphone. Pour les personnes qui font battre votre cœur plus fort, pour celles avec qui vous avez envie de partager vos cuillères.

Soyez minutieux, et surtout, prenez le temps de polir votre argenterie avec toute votre attention ! 

motu

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