MÉDIA ENGAGÉ SUR LES ONDES
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État des l(m)ieux

Par Enthea

Chaque mois dans sa chronique La Dialectique du Pet de Rupture, Enthea vous parle de relations, et des enjeux de pouvoir qui les entourent. Aujourd’hui, un petit bilan tout subjectif, un an après le pet de rupture, et quelques bagages plus tard…

Illustration réalisée par Enthea avec l’IA de Bing pour cette chronique

– Mai 2022 : je me fais péter dessus par un amant saoul, en guise de rupture.

– Septembre 2022 : je décide d’écrire une chronique sur le sujet, parce que, quand même, il y a peut-être quelques problèmes un peu lourds à régler dans nos façons de relationner. En tout cas c’est ce que je tire de mon expérience de femme hétéro avec un certain nombre d’aventures diversifiées à mon actif.

Ça fait seulement deux ans que je me pose la question de la manière dont je souhaite gérer mes relations. Tout au long du reste de ma vie, j’ai toujours laissé glisser les choses dans le sens « convenable », celui que l’on m’a appris depuis mon enfance. C’est à dire que je me suis jetée à corps perdu dans le couple, dans la satisfaction de l’autre, et dans la construction de l’entité conjugale qui remplacerait mon peu enviable statut de «meuf celib ». Le tout sans envisager une seconde me poser la question de mes désirs profonds ou de l’impact que cette situation pourrait avoir sur ma confiance en moi, sur ma carrière professionnelle, ma vie sociale, ou sur mon épanouissement d’une manière générale.

Alors, si on doit écrire mon CV après ces années de course effrénée à l’aveugle, je dirais que j’ai beaucoup d’histoires drôles à raconter, un sacré bagage traumatique, ainsi qu’une bonne notion de tout ce dont je ne veux plus.

Je constate aussi qu’à chaque rupture, ma vie professionnelle a pris un bon coup de boost, que j’estime consécutif au fait que, bien malgré moi, mes couples m’ont freinée dans mes possibilités et ambitions. Je me demande si ça vaut également pour les hommes en couple hétéro. Des lectures que j’en fais, il y a surtout une grande propension des femmes à se sacrifier pour «aider » la carrière de leur compagnon, au détriment de la leur, mais peu l’inverse. Tiens. Est-ce que ça ne viendrait pas de la manière dont nous sommes éduqué·e·s ?

Je constate aussi à quel point les cicatrices et réflexes que l’on a gagnés au travers de nos voyages sentimentaux sont impactants au présent. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », un dicton bien éclaté au sol. Ce qui ne nous tue pas nous estropie.

Et j’aimerais tant pouvoir recommencer à échanger avec toute la pureté et la simplicité des premiers instants. Quand on a pas encore vu et su à quel point il est possible de se faire traîner dans le purin. Quand on a pas enchaîné les trahisons et les violences, qui marquent la chair vulnérable parce qu’amoureuse. C’est si doux de croire encore des mots, sans arrière pensée. Sans avoir besoin d’essayer d’éteindre la lumière rouge qui s’allume au fond de son crâne, pour te rappeler que la dernière fois que tu as eu confiance, tu as pris tarif.


J’essaie de considérer chaque rencontre comme une aventure nouvelle, mais mon comportement tient d’un niveau de déni intersidéral. La réalité c’est que l’on commence chaque liaison avec nos bagages, plus ou moins lourds et plus ou moins puants et invasifs, de notre passé. Je me le suis pris en pleine poire récemment.
Alors, quoi, encore un problème à résoudre ?
Non, pire. Aucun problème à résoudre.

Aucun problème, tout va bien, je vis actuellement une relation douce, fun et stimulante. Je ne vois pas comment ça pourrait être mieux.

Et pourtant, régulièrement je dois entamer des combats que je ne suis même pas certaine de gagner, avec les démons du fond de mon crâne qui viennent me remettre sous les yeux toutes les raisons pour lesquelles [insérer ici une situation nulle et dramatisée à l’extrême].
Je me demande comment il est possible d’être à ce point niquée de la tête, que même quelque chose de bon prenne des dimensions terrifiantes ?

Alors je me résous à traverser ce chaos, parce que je me dis que ce bagage-là, que je suis en train de m’offrir, pesé, analysé, mesuré, ne sentira pas le purin, tant que je suis chaque jour en accord avec ce qu’il y a dedans.


Et pour la première fois, mon angle de vue se modifie. À une distance nécessaire, je contemple ma situation, qui est un ensemble de choix conscients, dont je retire des chouettes bénéfices, qui m’épanouit. Et non plus comme un chemin inéluctable et plein de sacrifices.
Et ça me fait du bien de reprendre le pouvoir sur ce que je m’inflige.

Love.
Fight.

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motu

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