MÉDIA ENGAGÉ SUR LES ONDES
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[Communiqué] Nous sommes toujours antifascistes

Communiqué · 17.02.2026

MORT DE QUENTIN D. : NOUS SOMMES TOUJOURS ANTIFASCISTES

Parce que nous combattrons toujours le fascisme et que la séquence en cours nous prouve, une nouvelle fois, que c’est nécessaire. 

Le 14 février dernier, Quentin D., militant néo-nazi, est décédé après les coups qui lui ont été portés, probablement par un groupe de militants antifascistes. À l’heure où nous écrivons ce communiqué, la vérité du déroulé des faits reste encore à établir. 

Depuis sa mort, le monde politico-médiatique tente d’imposer un narratif mensonger, qui repose sur un événement dramatique survenu au milieu d’une marée de violences fascistes systématiquement invisibilisées, et qui signifierait que le danger de notre démocratie n’est pas le fascisme, mais bien celles et ceux qui le combattent. Nous ne pouvons pas accepter de laisser ce narratif dérouler et infecter nos amis, nos parents, celles et ceux qui subissent notre époque. 

Notre média pouvant être considéré comme un média de gauche radicale et se revendiquant pleinement de l’antifascisme, nous considérons qu’il est important de prendre la parole en solidarité avec les mouvements de résistance déjà largement calomniés, et aujourd’hui plus que jamais traînés dans la boue. Jeter sous le bus des militants solides partout dans l’Hexagone, se revendiquant d’un antifascisme historique, duquel était issu notre mouvement de résistance le plus connu, le tout pour préserver une soi-disant “respectabilité”, est l’un des visages reconnaissables de la fascisation de la société, alimentée par un climat hallucinant de délation calomnieuse et de raccourcis mettant en danger nombre de nos camarades. 

 

Contrairement à ce que nous avons entendu, y compris sur le plateau de grandes chaînes nationales à heure de grande écoute (ici l’interview de Sandrine Rousseau sur France Info par exemple), la raison d’être de l’antifascisme est de combattre le fascime. Comme son nom, simplissime, l’indique. 

L’antifascisme n’a pas pour raison d’être la violence, même si, historiquement, la violence a pu être employée dans la défense contre le fascisme. La violence a pu être un moyen, elle ne sera jamais une fin. L’antifascisme n’a pas non plus pour raison d’être le lynchage ou le trouble à l’ordre public. Tout ce que l’antifascisme cherche à faire, c’est de protéger nos territoires, nos villes et nos universités, du danger réel du fascisme. Danger sur lequel nous avons un peu trop tendance à nous endormir. 

 

Si des groupes antifascistes étaient bel et bien présents à Lyon dans ce qui allait mener à cet affrontement fatal, c’est pour faire ce que la Jeune Garde, groupe antifasciste français, a toujours fait : défendre la ville des attaques fascistes. En l’occurrence, empêcher des militants fascistes de menacer la conférence donnée par Rima Hassan à Sciences Po Lyon. En ce sens, le narratif du “jeune homme sans histoire lynché gratuitement” est un récit mensonger. Si cela ne justifie pas sa mort, redonner le contexte dans lequel elle est survenue est primordial : Quentin D. était un militant néo-nazi, membre actif de l’Action Française, mouvement royaliste, antisémite et raciste. Quentin était aussi membre du collectif “Audace” Lyon, groupe dissous suite à des actes racistes et reprenant des slogans nazis sur Internet. Quentin avait participé en mai 2025 au défilé néonazi du Comité du 9 Mai à Paris. La ville de Lyon est quant à elle régulièrement le théâtre d’affrontements entre des antifas et les mouvements d’ultra-droite (Gud, Bastion Social, etc) qu’ils refusent de laisser courir et qui assoient, année après année, leur pouvoir dans la ville. 

Après deux ans de négation d’un génocide, de montée du racisme, de dégradations de librairies ou tiers-lieux marqués à gauche, de menaces de dissolution des pouvoirs publics alors que ces mêmes défilés néo-nazis sont protégés par la police, un homme est mort. On peut le regretter, mais pas s’en étonner. L’étonnement aurait dû arriver bien avant. Au moment de la mort de toutes les personnes qui ont précédé Quentin et sont mortes assassinées, mais n’avaient pas la chance… d’être nazies. D’après Isabelle Sommier, dans son livre Violences politiques en France, entre 1986 et 2021, 53 personnes sont mortes tuées à cause de leur idéologie. 90% de ces meurtres ont été commis par l’extrême-droite. Le climat de violence est instauré par les mouvements fascistes que tant refusent de combattre maintenant, en capitulant face aux pressions médiatiques. 

La violence est du côté de l’idéologie raciste et fasciste face à laquelle les antifas nous défendent. 

 

Nous avons également été sidérés d’entendre, de la bouche même de responsables politiques, que la France Insoumise aurait une responsabilité dans la mort de Quentin D, alors que l’eurodéputée qui donnait sa conférence était à plusieurs kilomètres du lieu où Quentin est décédé, et a immédiatement condamné les violences ayant conduit à son hospitalisation puis à son décès. À tous ces gens plus effrayés par les éléments de langage de Jean-Luc Mélenchon que par le retour du nazisme dans nos rues, nous demandons : où donc la France Insoumise a-t-elle jamais appelé à la violence ?  Est-ce que vous avez en vous tant de haine envers ce mouvement citoyen, l’un des seuls  politiquement solide à gauche, tant de haine prémâchée par la cabale médiatique que vous en venez à insinuer que Mélenchon, parce qu’il parle trop fort, aurait tué ce jeune homme ?

Jean-Luc Mélenchon a-t-il appelé à “nettoyer les banlieues au karcher” ? À faire de grandes “rafles” d’étrangers ? à “attraper les femmes par la chatte” ? À envahir le Groenland ? À anéantir les Palestiniens ? À militariser la France ? Les antifas sont-ils ceux qui posent dans des stands de tirs, avec des armes, sur de nombreuses photos ? 

Non. La rhétorique guerrière est du côté des fascistes et l’a toujours été, historiquement. Nous ne sommes pas pour la violence comme stratégie politique, nous l’avons dit à de nombreuses reprises (voir émission sur Luigi Mangione sur notre chaîne YouTube.) Nous sommes, cependant, pour le droit de nous défendre (celui-là même!) face à une force politique qui désire notre mort. Tel Jean Messiha, figure d’extrême-droite qui écrivait il y a quelques jours : “Il faut exterminer les antifas. Un par un. Les antifas sont les seuls et uniques nazis aujourd’hui. Il faut les éradiquer.”

 

Mais tout est permis, alors que le corps de leur “camarade” est encore chaud. D’ailleurs, au lieu de le pleurer et de parler de lui, leurs discours sont tout entier concentrés sur leur obsession de toujours, maladive : la France Insoumise et l’extrême-gauche (qui, par le mécanisme bien connu de la fenêtre d’Overton, englobe désormais grossièrement la gauche, LFI étant loin d’être un mouvement révolutionnaire désireux de prendre le pouvoir par les armes). Plus d’étiquette qui tienne en ce moment : on mélange tout dans un gloubi-boulga débilitant, un fourre-tout servant de support à tous les éditorialistes pour alimenter le grand feu de joie censé cramer les dernières digues qui subsistent face au fascisme. 

 

Aujourd’hui, Quentin, militant fasciste, aura droit à une minute de silence à l’Assemblée nationale. Il y a deux ans, Nahel, tué par la police à 17 ans, n’avait le droit qu’à des injures qui insinuaient qu’il l’avait bien cherché. Sans parler des dizaines d’autres assassinés, eux, par l’extrême-droite tout simplement passés sous les radars du cirque médiatique. L’ampleur du gouffre qui sépare les différentes réactions politico-médiatiques aux décès est un signe dangereux de la fascisation de la société. 

Les fascistes vont en profiter pour tirer le fil jusqu’à détruire la pelote, et si nous ne disons rien, bientôt l’on prendra Messiha au mot : les antinazis seront magiquement devenus des nazis, et ils seront tués pour l’avoir bien cherché. À nos camarades de gauche nous disons : soyez solides, et ne cédez pas une miette de terrain aux torrents de boue que nous recevons. Nous sommes antifascistes, fiers de l’être, maintenant comme hier. Et à nos “camarades” qui jettent les Insoumis ou les antifas sous le bus, nous disons : vous êtes le problème que nous devons combattre pied à pied, sans compromission. 

 

Motus & Langue Pendue est un média apartisan, mais dans ce moment gravissime, se tient aux côtés des Insoumis et des mouvements antifascistes, plus que jamais nécessaire à nos résistances. 

 

L’équipe du média

 

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